le cylindre

Un soir, je marchais les yeux sous le bitume et une ombre me fit peur. Ma vue alors s’échappa vers ce bloc de béton. Un immense cylindre posé en plein milieu de la rue.
Les voitures semblaient folles. Les roues crissaient, les klaxons hurlaient. Toutes fuyaient.
Les piétons se jetaient des sales airs de bizarre et pire encore. Ils couraient à reculons, se piétinaient. Tous fuyaient.
Une espèce de milice en peau de chien, mais pas de la réelle, armée d’armes indiscernables s’approcha de ce bloc et l’entoura. Ils ne devaient pas fuir. Ils avaient peur, peur de ce bloc.Tous étaient terrorisés par cette vision qui leur semblait surréaliste.
Pourtant, derrière moi, des tours gigantesques et de surcroît en béton, tapissaient l’horizon, donc aucun horizon, et encerclaient les gens, cette milice et ce pauvre bloc en béton. Cela, oui, était surréaliste.
Tout à coup, j’entendis un bruit, délicat mais comme un cri de souffrance. Il provenait du bloc, de l’intérieur. J’avançai tout doucement, me faufilai entre deux hommes emmaillotés de leurs costumes de haute sécurité et atteignis le bloc de béton. Ce que je vis dedans me fit pleurer.
Pendant que le monde sur la planète se déchirait, s’ensanglantait pour des dieux invisibles, une petite fleur tentait d’éclore protégée par ce bloc de béton.