je suis tu es

Il était une fois Bach, Satie et d’autres. leurs notes, une réelle passion naissant d’un besoin de sagesse, de pause hommes, de pause jack, de pause tout court. et chaque fois, à l’écoute d’un pianiste de musique classique sur scène, les larmes retenues, l’obsession comme une prison. music : Greg Pastant

https://www.youtube.com/watch?v=-bJRM4gs85g
musique
♫♫ solo guitare de Greg at the end of the song
soie

je suis ta cravate de soie qui m’enroule dans tous mes états. je suis tes cheveux poivre et sel qui m’ensorcèlent. je suis ton costume noir cousu de fils de tes sens.
ce soir, sois en moi incessamment, sinon je meurs
délivre-moi de mes obsessions masculines

je suis les mains sur l’ivoire de ton instrument. je suis tes yeux aussi noirs que les touches de ton piano. je suis le son vibrant de ton écriture, en tierce majeure.
ce soir, sois en moi incessamment, sinon je meurs
délivre-moi de mes obsessions masculines

tu es ma robe rouge me serrant d’éclats couleur blanche. tu es le son de mes talons aiguilles te transperçant la peau. tu es le décolleté de mes sourires envahissant le vide.
ce soir, sois en moi incessamment, sinon je meurs
délivre-moi de mes obsessions masculines
ce soir, tu es, je suis.

je suis dans tous mes états enroulée dans ta cravate de soie. je suis le sel et le poivre qui ensorcèlent tes cheveux. je suis les fils de tes sens cousus dans ton costume noir.
ce soir, sois en moi incessamment, sinon je meurs
délivre-moi de mes obsessions masculines

je suis ton instrument sur l’ivoire de tes mains. je suis les touches de ton piano aussi noirs que tes yeux. je suis ton écriture vibrante d’un son en tierce majeure.
ce soir, sois en moi incessamment, sinon je meurs
délivre-moi de mes obsessions masculines

tu es mon éclat couleur blanche serrant ma robe rouge. tu es le son de ma peau transperçant mes talons aiguilles. tu es mon sourire envahissant le décolleté du vide.
ce soir, sois en moi incessamment, sinon je meurs
délivre-moi de mes obsessions masculines
ce soir, tu es, je suis.

en larmes enfantines.

J’ai prié ma voiture déglinguée de tenir le temps d’une respiration. Elle accepta. Je savais que sa carcasse ne tenait que sur une corde à linge froissé et que je n’avais pas prié depuis que j’avais regardé dieu dans ses yeux transparents. J’ai gravi les marches toujours en nuisette, mais noire et tant mal que bien. Quand j’ai aperçu ma colline, j’ai eu un moment d’effroi. Un champ de bataille. Mon pied nu s’est posé sur mon herbe et j’ai senti toutes ses larmes ouvertes. Je me suis allongée en rond et en creux, blottie dans leurs pensées. Puis les larmes m’ont raconté leur histoire.
Un jour ou peut-être une nuit, une graine atrocement défigurée par la haine s’est installée au cœur de ma colline. Elle a entouré une de mes herbes par sa racine l’obligeant à se courber. Les autres affolées ont tenté de couper la mauvaise graine mais elles sont mortes sur le champ. D’autres graines haineuses ont débarqué et forcèrent mes herbes à se décolorer en transparent comme les yeux de dieu qui n’existe pas. Mes herbes ont plié sous le poids de ces infectes graines.
Une nuit mais certainement pas un jour, une herbe encore légèrement verte se révolta, elle poussa si hautement un cri si fortement, qu’elle en mourra. Les trèfles à trois feuilles en bas de ma colline presque morte entendirent ce cri. Les trèfles à trois feuilles n’eurent pas besoin de prier le trèfle à quatre feuilles car il existait, lui, pour sauver le peuple des herbes vertes. Le trèfle à quatre feuilles surgit de nul parti. Juste celui de croire au son du vent frôlant le peuple des herbes vertes. La résistance s’organisa. Au son d’une contrebasse suédoise, d’un piano polonais et d’une cymbale turque, les oreilles des enfants en pyjama au fond de leurs rêves s’entrouvrirent et quittèrent à l’unisson leurs lits, leurs maisons, leurs villes et villages de toutes les couleurs. Arrivés au bas de ma colline, les trèfles caressèrent alors tous ces pieds enfantins en leur murmurant la plainte du peuple des herbes vertes. Un enfant ouvrit les yeux vers le sommet de ma colline et gravit les marches en sifflotant un air de lutte initiale. Un autre puis d’autres puis tous le suivirent. Ils arrachèrent une à une les mauvaises graines jusqu’à la dernière. Depuis, les herbes vertes se reconstruisent.
J’ai pleuré à larmes enfantines.