juste crier

Et l’ange aborda cette femme aux yeux débordant de peine, elle reprit couleur de cil bleu et non de ciel, juste la couleur, celle qui se cache dans les dictionnaires éparpillés autour de son lit.

Et simplement elle sait. Il est venu lui dire que le temps des souvenirs d’un cri était revenu.

Alors elle prend les clés de sa voiture déglinguée, elle part grillant les feux verts, ne s’apercevant même pas qu’ils ne sont pas rouges.

Une malle de vinyles, dans l’un est glissé un papier avec un prénom et aucune adresse. Depuis plus de trente ans ce nom attend d’être mort, peut-être l’est-il. Ou d’être tué, il ne l’est pas.

Pas encore.

Ses yeux s’envolent vers le rouge, elle ne peut lire les lettres composant ce nom, juste la mémoire d’un prénom, juste boitant, juste vieux, juste de trop.

Un tiroir, un flingue. Un cri déchirant son corps, un homme déchirant sa doublure.

Et l’ange aborda cette femme et lui souffla en creux : ‘femme,  juste crier,  juste.’

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