Toutes ouïes béantes

Il était une fois Rémi Karnauch, auteur offreur de mots. Je suis arrivée chez lui à paris un 13 juillet (de l’année je ne sais plus) pour choisir un texte et le mettre en voix et sons. Un immense ancien et bel appartement. dans la pièce principale une table de travail comme je les aime, des dico, des manuscrits. il est correcteur dans une grande maison d’édition. nous nous sommes installés dans sa chambre, là où l’ordinateur était posé, et nous avons parcouru des centaines de textes. tous touchants, mais peut-être cette configuration : lit, chaise, table, ordi me perturbait, surtout le lit, je ne pouvais choisir. C’était un 13 juillet, je ne pouvais plus repartir chez moi le soir, je suis très peureuse des fameux pétards ou peut-être je ne voulais pas partir. je suis partie le lendemain…
3 jours plus tard, j’ai reçu par mail ce texte, « toutes ouïes béantes ». J’ai lu, J’ai pleuré, avec majuscules. je ne pouvais pas demander à mon musicien de venir sur l’heure me composer une instru alors je me suis servie du net et de ces bouts de samples en gratuit. je suis restée toute la journée et soirée à enregistrer, à l’époque sur un ordi avec carte son pourrie et pas de cubase, et pas de sono et micro bas de gamme. C’était un samedi sans enfants, heureusement.
Plus tard, j’ai écrit « l’enfant poussière » en pensant à Rémi, juste pour la poussière et la folie et « l’hommage », dans écrits roses où vous pouvez me demander le mot de passe (je ne voulais pas que de l’enfantin soit mêlé à mes pensées volages).

.. ..

♫♫ Toutes ouïes béantes en écoute

noel 11

J’écoute ta voix tout ouies béantes
J’évoque sans fin ce qui me hante
La nuit s’avance comme un cargot
J’ai le cœur gros mais j’imagine
Oh oui
Oh oui

Je laisse aller tous mes désirs
Aux sortilèges comme Mélusine
Dans les roseaux je m’recroqu’ville
Du bout des doigts je te dessine
Oh oui
Oh oui

Je m’laisse couler tout ouïes béates
Quand tu m’visites oh certains soirs
Ganté de chair quand tu écartes
Ma peau béante qui te fait place
Oh oui
Oh oui

Je m’ensommeille tout ouïes béantes
Obstacle soyeux où tu t’enfonces
Tout absorbée quand je m’efface
Les yeux ouverts ou d’un bleu sombre
Oh oui
Oh oui

Chaque fois qu’au fond je me dépose
Cicatrisant mes plaies sans cause
Ouvertes sans fin par un sanglot
Je suis à vif je suis à toi
Oh oui / Oh oui

Au p’tit matin d’un rêve d’amour
Tu n’es pas v’nu frôler ma peau
River mon corps d’attaches fines
Comme une nacelle à un oiseau
Pourquoi
Pourquoi
Volant si loin mais retenue
Par une caresse un mot ténu
Criant tout doux sous cette emprise
Je suis toute nue quelle surprise
Oh oui
Oh oui

Ton souffle rare monte jusqu’ aux cieux
Je m’tais tout l’temps parmi tous ceux
Qui parlent en douce de ce tourment
De n’rien savoir de mon amant
Oh oui
Oh oui

Tu peux parler je t’écoute pas
Je t’aime tellement les ouïes béantes
Tu peux parler je t’écoute pas
Je t’aime tellement et je t’attends
Tu peux parler je t’écoute pas
Tu peux parler je t’écoute pas
Oh oui
Oh oui

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